La Maternité obligatoire. De l’expérience intime au poids de l’institution
23,00 €
Le livre qui a enfanté tous les autres livres sur la maternité
Mêlant témoignage personnel et réflexion académique, Adrienne Rich met radicalement en application le slogan « le personnel est politique » et sort la maternité de la chambre à coucher pour l’introduire dans la sphère publique du débat intellectuel.
Elle annonce dans ce livre fondateur tous les thèmes majeurs liés à la maternité, comme le sacrifice ou la culpabilité maternelle, et montre l’ambivalence qui peut résulter du fossé entre l’expérience intime de la maternité et le poids de son institution. Elle révèle les hommes contrôlent la maternité des femmes – imposant à ces dernières de se valider en devenant mères, leur serinant qu’elles ne peuvent pas « tout avoir » ou encore les empêchant d’accéder de façon pérenne à la contraception et à l’avortement.
Poétesse et essayiste étatsunienne majeure, figure de proue du féminisme, Adrienne Rich (1929–2012) a publié plus de vingt recueils de poésie et six recueils d’essais. Elle a été traduite dans de nombreuses langues dès la fin des années 1970. Dans son œuvre poétique comme théorique, elle met en avant la question de savoir « d’où l’on parle » et l’importance du questionnement de ses privilèges. Récipiendaire du National Book Award en 1974, elle est morte en 2012, laissant derrière elle une œuvre faisant date sur de nombreux thèmes jusqu’alors invisibilisés.

En savoir plus
« L'une des écrivaines les plus influentes des États-Unis. » Guardian
« Une poétesse à la réputation et à la rage imposantes qui a mis l'oppression des femmes et des lesbiennes au premier plan du discours poétique et l'y a maintenue pendant près d'un demi-siècle » New York Times
La Maternité obligatoire (Of Woman Born) est le tout premier essai que Rich a fait paraître, en 1976 ; entre-temps, il est devenu un classique aux États-Unis. Il a été traduit une première fois sous le titre Naître d’une femme. La maternité en tant qu’expérience et institution par Jeanne Faure-Cousin chez Denoël/Gonthier en 1980, dans une traduction qui ne lui rend pas justice : cette nouvelle traduction de Valentine Leÿs le fait apparaître dans toute sa modernité, son acuité et son honnêteté.
Pionnier à son époque, notamment parce qu’il n’existait alors quasiment rien sur la maternité, et bien qu’il ait entre-temps été complété par de nombreux ouvrages sur le même sujet, ce texte fondateur donne encore aujourd’hui l'impression d’éclairer différemment un domaine longtemps maintenu dans l'obscurité.
Mariée jeune, Adrienne Rich a eu trois fils entre ses 26 et ses 30 ans ; elle écrit Of Woman Born alors qu’elle quitte son mari pour mener sa vie en tant que lesbienne. Partant de sa propre expérience, rapportant par exemple qu’elle s’est mariée avec un homme en partie parce qu’elle ne connaissait pas d’autre moyen d’échapper à ses parents, elle mêle de façon très novatrice, bien avant que les essais personnels ne deviennent une norme, témoignage personnel et réflexion académique. Elle choisit aussi de mettre radicalement en application le slogan « le personnel est politique », sortant la maternité de la chambre à coucher pour la faire entrer dans la sphère publique du débat intellectuel. Elle montre que les mères font tout autant partie du monde des idées que les hommes, dont la paternité ne semble pas affecter leur capacité à parler, penser ou écrire. Elle mobilise aussi des perspectives universitaires allant de la littérature à l'anthropologie en passant par l'histoire culturelle ou la psychanalyse. Bien qu'elle s'exprime à partir de son propre parcours particulier, elle veille par ailleurs à ne pas généraliser son expérience et situe son point de vue de femme certes mère et lesbienne, mais aussi blanche et privilégiée – alors que ces prises de conscience sont encore peu répandues dans le féminisme de l’époque. Si son ton est souvent radical, elle prend soin de nuancer ses propos.
Rich annonce dans ce livre tous les thèmes majeurs abordés par la suite autour de la maternité, comme l'ambivalence, le sacrifice ou la culpabilité maternels. Elle décrit sans faux-semblants, au-delà de l’amour que les mères peuvent éprouver envers leurs enfants, la rage et le sentiment d’impuissance qui peut les atteindre quand elles sont livrées à elles-mêmes dans l’expérience de la maternité. Elle montre l’ambivalence de sentiments qui peut naître entre l’expérience intime de la maternité, la relation qui se crée entre mère et enfants ; et le poids de l’institution de la maternité, qui donne aux hommes le contrôle sur la maternité des femmes – leur imposant de se valider en devenant mères, le nombre d’enfants et le moment où elles les ont ; serinant qu’elles ne peuvent pas « tout avoir » ; ne leur garantissant pas un accès libre, sécurisé et pérenne à la contraception et à l’avortement – ce qui redevient cruellement actuel aujourd’hui – ; leur laissant la charge de leur garde, etc.
Jalon essentiel de l’histoire du féminisme occidental, ce livre permet aussi de mesurer, comme l’autrice l’écrit elle-même dans sa préface à la réédition de 1986, dix ans après la première parution, combien l’évolution vers une égalité femmes-hommes est lente et qu’on peut dire qu’à la fois beaucoup et très peu de choses changent. Il est également nécessaire aux réflexions sur la construction patriarcale de la féminité à travers la maternité.
Le texte est précédé d’une préface de Gabrielle Richard, sociologue et chercheuse, spécialiste des questions de genre et de sexualité, autrice notamment d'Hétéro, l'école ? Plaidoyer pour une éducation antioppressive à la sexualité (Remue-ménage, 2019) et de Faire famille autrement, Binge audio éditions, 2022.
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